Repenser nos modes de consommation grâce aux abeilles et l’agriculture urbaine

Dans le cadre de la semaine des abeilles, notre équipe s’est penchée davantage sur les enjeux entourant la condition des abeilles, les pollinisateurs, et plus largement la stabilité de nos écosystèmes. 

Une petite bête en proie à un problème de taille

La protection des pollinisateurs, notamment des abeilles, est un combat dont l’on entend de plus en plus parler de nos jours. Dans la folie de nos quotidiens au rythme effréné, nous oublions souvent le rôle important que de si petites bêtes jouent sur notre société et nos écosystèmes. Pour faire simple, les pollinisateurs œuvrent à féconder les fleurs des plantes grâce au butinage, et sont ainsi responsables de la fertilisation de nos cultures. Sans eux, le rendement des cultures de fruits, légumes ou noix se verrait profondément affecté, si ce n’est d’être amené à disparaître. 

Or, dans les dernières années, nous observons un déclin accru de leur population, conséquence directe des changements climatiques et de certaines activités humaines. Lors d’une entrevue avec Alexandre Mclean, cofondateur de nos partenaires Alvéole – entreprise d’apiculture urbaine fondée à Montréal – , nous lui avons demandé quel était l’enjeu principal auquel les abeilles font face de nos jours. Sa réponse fut simple et brève : l’agriculture conventionnelle. Ses pratiques intensives comme la monoculture, l’usage de pesticides et la gestion dégradante des sols affectent gravement l’abeille. Par exemple, les pesticides arrosés sur les champs imprègnent les plantes, puis se font transporter par les abeilles jusqu’à la ruche, où de nombreuses consoeurs y seront exposées. Ce contact avec les produits chimiques inflige des maladies aux abeilles et augmente ainsi leur taux de mortalité. 

Notre alimentation au cœur de la solution

Lorsque l’on comprend la criticité du travail des abeilles pour notre sécurité alimentaire et le bien-être de nos écosystèmes, la seule priorité devient de contribuer à inverser la tendance. Parmi les principales actions possibles pour aider nos compagnons ailés, on retrouve souvent la plantation de fleurs mellifères particulièrement prisées par les pollinisateurs ou la réduction de l’usage de pesticides. Or, comme le souligne Alexandre Mclean, ces initiatives sont géniales pour améliorer les conditions immédiates des abeilles, mais ne s’attaquent pas au cœur du problème, soit les méthodes de production de notre nourriture. 

« Le plus beau qu’on puisse faire aujourd’hui, c’est de réfléchir à ces questions. Qu’est-ce qu’on consomme comme nourriture ? Comment est-elle produite ? D’où vient ce légume-là ? Ou celui-ci ? Commencer à se poser ces questions va forcer tous les acteurs au long de la chaîne alimentaire à aller ajuster un peu la valeur apportée à leurs produits. »  – Alexandre Mclean

L’agriculture urbaine et l’apiculture urbaine : des moteurs de changement

Vous l’aurez compris, que cela soit pour la santé de nos pollinisateurs ou plus largement de nos écosystèmes, un changement majeur de nos modes de consommation est nécessaire. Or, il n’y a rien de plus complexe que d’induire le changement de nos habitudes, surtout dans une société soumise à la pression du moindre coût. C’est cependant à ce croisement précis que se rejoignent l’apiculture et l’agriculture urbaine. 

L’objectif principal de l’un n’est pas la production de miel, tout comme l’objectif de l’autre n’est pas de remplacer la production alimentaire rurale. Non, leur but commun est d’initier un changement de comportement chez les gens en ramenant nature, ruches et culture maraîchère en ville. Par le biais du contact avec la terre et la nature, de l’observation de graines qui deviennent plantes ou de la compréhension du rôle de chaque petite bête dans la pérennité de nos écosystèmes, l’agriculture et l’apiculture urbaine sensibilisent les populations aux enjeux environnementaux qui marquent notre siècle. 

« Juste mettre une ruche sur un toit ne va pas tout régler, on s’entend, mais cette ruche parmi un milliard aura un impact beaucoup plus grand qu’une ruche traditionnelle. Des centaines et milliers de personnes vont avoir des interactions avec elle et ce sont ces interactions avec les abeilles qui nous pousse à nous poser des questions sur l’impact de nos actions » Alexandre Mclean

Non seulement ces deux initiatives poursuivent la même mission, elles se supportent aussi entre elles par des liens de complémentarité. Les abeilles des ruches aident les légumes et les plantes à pousser, tandis que les potagers sont des lieux salvateurs, nourriciers et sources d’eau fraîche, aidant ainsi les pollinisateurs à boire, se nourrir, réguler leur température et se reproduire. 

L’objectif de tout cela ? Arriver à transformer le monde de l’agriculture pour que les pratiques écologiques, durables et inspirées de la nature deviennent la nouvelle norme à grande échelle. C’est la mission que nous et plusieurs acteurs de la scène poursuivons aujourd’hui, et que nous souhaitons partager au monde entier. 

En cette semaine des abeilles, nous invitons tous et chacun à penser à l’impact de leurs choix alimentaires sur l’environnement et la biodiversité et à commencer dès maintenant à prendre des petites actions pour améliorer la situation ! 

Comme pour le travail des abeilles, c’est le cumul de plusieurs petites initiatives qui mène à de grands changements !